Quelques lignes sur ma démarche artistique :

Née au siècle dernier dans un coin du monde perdu près du fleuve Volga, j’ai grandi dans les vastes steppes kazakhes parmi des peuples exilés et vagabonds. Mon adolescence se déroule en Ouzbékistan, nœud de la Route de la soie, peuplé de multiples ethnies originaires d’Europe et d’Asie, où la diversité et la mixité des cultures s’enrichissent mutuellement. Cela a ancré en moi la pluralité et influence toujours ma vision du monde.

Je suis moi-même une nomade. J’ai traversé les pays en cherchant un lieu utopique où être heureuse. C’est au fil du temps, que j’ai compris que ce lieu, je le porte en moi.

Le besoin de créer est vital, qui s’enracine en moi dès mon plus jeune âge.
C’est bien plus tard que j’ai suivi des études en école supérieure des Arts et finalisé un Master en arts plastiques, visuels et de l’espace (ARTS²).

Je m’interroge sur la limite qui sépare deux états, le réel et l’imaginaire, le naturel et l’artificiel. Je m’inspire de la nature et m’émerveille devant les petites choses presque invisibles. Je cherche les liens imperceptibles entre micro- et macrocosmes. La structure des éléments provenant des mondes végétal, minéral ou animal m’intéresse particulièrement.

L’eau est un thème que j’explore largement dans mon travail. L’ouvrage de Gaston Bachelard « L’Eau et les Rêves » est l’une de mes sources d’inspiration. Elle incarne le changement, la transformation, le symbole de la vie, le mystère, l’essence, l’océan…

Je suis sensible aux qualités et aux propriétés des matériaux que j’utilise, que ce soit le verre, le papier, l’encre, l’argile, la porcelaine ou la paraffine.J’aime aussi tout ce qui se tisse, se noue, s’entrelace : fils, perles, cheveux, laine.

La céramique est une de mes techniques préférées. La pâte blanche de la porcelaine ressemble à celle que l’on utilise en pâtisserie. Travailler avec cette matière, me rappelle les jours de fête dans ma famille. C’est lorsque j’étais enfant, en préparant des gâteaux pour un événement, que j’ai réalisé mes premières créations. Le travail avec l’argile est toujours associé à ce puissant plaisir enfantin. Préparer de la terre est pour moi un rituel. J’y ajoute des fibres de papier, je la malaxe, j’en fais des boules que je laisse reposer. Quand ma préparation est prête, je m’enfonce dedans avec tous mes doigts, et la fête commence…

Eirini Chatsatourian

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